Le risque d'inondation existe aussi  à Carnoux  !

Pourquoi "noyer" un problème qui a déjà été mortel ?

 

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Les inondations à Carnoux : un risque récurrent

et mortel...

 

A Carnoux, bien rares sont ceux qui ont conscience du risque inondation auquel chacun est exposé. Par rapport au risque liée au débordement de l'Huveaune, il est vrai qu'à Carnoux, les enjeux sont nettement plus limités. Et pourtant, ils sont loin d'être négligeables.

Lors d'un orage ou d'une pluie de forte intensité, chacun peut observer que le réseau de collecte des eaux pluviales déborde rapidement. Malgré d'importants travaux de redimensionnement du réseau pluvial, le point bas situé dans la zone industrielle et commerciale, à l'angle de l'avenue Fresnel et de l'avenue Gay-Lussac, est très régulièrement inondé et fait l'objet d'interdictions de circuler, le temps que les eaux finissent par s'écouler.

La topographie particulière de la commune, avec ses deux versants escarpés et son taux d'imperméabilisation des sols particulièrement élevé, dans un climat méditerranéen où l'intensité des précipitations peut être très élevée, tout ceci concourt à des ruissellements rapides et potentiellement dangereux pour les personnes et les biens. Le fait d'avoir choisi de concentrer ces écoulements dans un réseau enterré ne fait qu'aggraver ce risque. Le développement progressif de l'urbanisation sur les hauteurs de Carnoux s'est traduit par des branchements toujours plus nombreux des descentes de toitures et des ruissellements de chaussée dans un réseau initialement sous-dimensionné.

Il en résulte que très régulièrement ce réseau atteint sa saturation et se met en charge. Les plaques métalliques au niveau des regards se soulèvent, constituant un danger pour le piétons et les véhicules, tandis que les eaux refluent et s'épandent sur la chaussée.

Il manque à Carnoux un schéma directeur des eaux pluviales et un règlement associé afin de revoir complètement la gestion des ruissellements urbains. Plutôt que de concentrer les eaux dans un réseau très coûteux à entretenir et qui atteindra nécessairement ses limites de capacité pour des épisodes un peu exceptionnels (mais malheureusement fréquents en régime méditerranéen, et sans doute de plus en plus violents du fait du changement climatique), il faudrait faciliter davantage l'infiltration à la parcelle, les bassins de rétention et les écoulements de surface dans des fossés enherbés, plus faciles à entretenir et à surveiller, et qui ralentissent les écoulements au lieu de les accélérer. De très nombreuses communes se sont désormais orientées vers ce mode de gestion plus moderne et plus efficace des écoulements pluviaux, pourquoi pas Carnoux, avec l'aide de la Métropole, désormais compétente en matière d'eau et d'assainissement ?

 

9 Août 2018 Grêle, inondation, de violents orages balayent Aubagne... (1'09")

Quant au risque lié au débordement de cours d'eau, il paraît faible à Carnoux, mais c'est oublier que le fossé qui borde la route départementale est bel et bien un oued qui peut parfaitement déborder en cas de fortes précipitations. La mémoire humaine est sélective et souvent bien courte, à tel point que l'on oublie qu'un jeune homme de 23 ans est mort noyé le 26 août 1986, sur la route qui sépare Carnoux de Roquefort-La Bédoule. Une plaque en granite rose, placée en contrebas du remblai de l'autoroute rappelle pourtant cet événement qui pourrait parfaitement se reproduire à tout moment.

Ce jour-là, un violent orage s'était abattu sur le secteur qui a enregistré de l'ordre de 200 mm de précipitation en 24 heures : c’est beaucoup, mais pas totalement exceptionnel non plus : le 16 janvier 1978, il était déjà tombé 213 mm à Roquefort-la-Bédoule et le 15 juin 2010, ce cumul a atteint 400 mm, en quelques heures également, sur la commune des Arcs-sur-Argens près de Draguignan ! Sauf que ce jour-là, l'énorme buse qui permet au Merlançon de poursuivre son chemin le long de la route départementale et sous l'autoroute, s'est retrouvée bouchée par les branchages et les déchets charriés par le torrent en furie dont le lit ne faisait l'objet d'aucun entretien régulier.

Le passage sous l'autoroute s'est bouché et l'eau est montée à près de 5 m, envahissant totalement la route qui présente un point bas à cet endroit. Aucune signalisation n'ayant été mise en place, une voiture qui s'était engagée de nuit, vers 22 h, s'est retrouvée prise dans ce torrent d'eau boueuse et s'est mise à flotter avant de se retourner. Une jeune fille qui se trouvait à bord a réussi à s'extraire du véhicule et à se sortir du flot. Pas son frère dont le corps a été retrouvé par les secours dans l'épave  de la voiture, retrouvée disloquée par les flots.

On pourrait imaginer que ce genre d'accident ne pourrait plus se reproduire de nos jours alors que la prévention des risques naturels s'est développée. Sauf que à cet endroit rien n'a changé depuis. Le passage busé n'est toujours pas muni d'un piège à embâcles pour éviter qu'il ne se bouche, et l'entretien du lit du Merlançon en contrebas de la route départementale n'est pas mieux effectué qu'à l'époque. Aucune signalisation n'a été mise en place et les deux communes riveraines ne font aucun effort pour alerter la population sur la nature du risques et les bons comportements à adopter dans ce genre de situation. De surcroît, l'urbanisation sur la commune de Roquefort-La Bédoule s'est considérablement développé depuis, provoquant une concentration encore plus rapide des flux et une augmentation des vitesses d'écoulement en cas de nouvel épisode météorologique comparable.

Quand tirera-t-on enfin les leçons des drames du passé pour éviter qu'ils viennent de nouveau endeuiller nos familles ? 

Carnoux a  déjà vécu le drame d'inondations mortelles

Pour approfondir, les analyses publiés par le cercle Progressiste Carnussien :

- Qui se souvient du 26 Août 1986 ?  cliquer sur ce lien

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Ce que nous proposons

Nous proposons que la commune de Carnoux organise périodiquement des campagnes d'information et des réunions publiques de sensibilisation sur la nature des risques naturels et technologiques auxquels les habitants sont confrontés (la loi oblige à faire ce type d'information au moins tous les 2 ans). Dans une commune qui accueille régulièrement de nouveaux habitants, il est nécessaire que chacun ait conscience de ces risques et sache quel comportement adopter en cas de crise.

Nous proposons que la commune s'abonne à un dispositif de veille météorologique (certains sont gratuits) et mette en place un système d'alerte par automates d'appel, pour diffuser les messages de vigilance en cas de besoin.

 

Nous proposons que la Commune incite la Métropole à lancer une étude spécifique en vue d'élaborer un schéma global de gestion des eaux pluviales sur l'ensemble du territoire communal afin d'optimiser le réseau actuel de collecte et de développer les dispositifs de stockage temporaire des eaux, les noues enherbées et les systèmes de ralentissement des écoulements